Les data centers du monde entier ont consommé 485 TWh en 2025, soit un peu plus de 1,5 % de l'électricité mondiale, selon l'Agence internationale de l'énergie. La projection pour 2030 est de 945 TWh, environ 3 % de la demande mondiale.
Sauf qu'il exclut le minage de cryptomonnaies et ne sépare pas l'IA du reste de l'informatique. Et derrière la moyenne mondiale, l'Irlande est à 23 % de son électricité métrée.
Le chiffre, et son périmètre exact
Le rapport de référence a changé en avril 2026, et les deux publications circulent ensemble sans donner les mêmes valeurs pour la même année.
| Grandeur | Valeur | Source, date |
|---|---|---|
| Data centers, 2024 | 415 TWh, 1,5 % de l'électricité mondiale | AIE, Energy and AI, avril 2025 |
| Data centers, 2024 (révisé) | 416 TWh | AIE, Key Questions on Energy and AI, 16 avril 2026 |
| Data centers, 2025 | 485 TWh | idem, Table A.1 |
| Projection 2030 | 945 TWh, environ 3 % | idem, Base Case |
| Capacité installée 2025 | 114 GW dont 82 GW informatiques | idem |
| PUE moyen mondial 2025 | 1,38 | idem, Tables A.1 et A.3 |
Répartition 2025 : États-Unis 224 TWh, Chine 117, Europe 72.
Énergie totale consommée par le data center divisée par l'énergie qui arrive réellement aux serveurs. Un PUE de 1,38 signifie que pour 1 kWh de calcul, on dépense 0,38 kWh de refroidissement, d'onduleurs et de pertes.
Pour un bilan carbone, c'est le multiplicateur à appliquer à toute consommation informatique. Le PUE ne mesure pas l'efficacité des serveurs eux-mêmes : un PUE de 1,1 sur des machines à 10 % de charge reste un mauvais data center.
Pourquoi 485 et 790 TWh désignent la même année
Un second chiffre circule pour 2025 : environ 790 TWh, soit 2,5 % de la production mondiale, attribué à l'Energy Institute.
L'écart de 305 TWh n'est pas une erreur. L'AIE exclut le minage de cryptomonnaies, estimé entre 150 et 200 TWh, ce qui explique environ deux tiers de la différence. Le reste vient de frontières de périmètre distinctes.
Question
Un client vous cite « 790 TWh pour les data centers en 2025 » alors que votre note dit 485 TWh. Que faites-vous ?
Choisissez une réponse pour voir l'explication.
L'AIE ne dit pas ce que consomme l'IA
Contresens le plus répandu du sujet. Le rapport de 2025 ne sépare pas l'IA du reste des data centers. Toute phrase du type « selon l'AIE, l'IA consommait X TWh en 2024 » est fausse.
Le rapport de 2026 introduit une catégorie « AI-focused data centres » et publie une projection : environ 465 TWh en 2030, plus du triple de 2025, avec une croissance de 50 % en 2025. Mais la valeur 2025 elle-même n'est écrite nulle part dans le texte, elle n'apparaît que sur une figure. Our World in Data la lit à environ 155 TWh, soit environ 0,5 % de l'électricité mondiale, et c'est une lecture de graphique, pas un chiffre publié.
La croissance, et la nuance qui la remet à sa place
Les data centers ont crû de 17 % en 2025 quand la demande électrique mondiale croissait de 3 %. Rapport de croissance : environ 5,7.
Et pourtant ils ne pèsent que 9 % de la croissance électrique mondiale sur l'année : les 70 TWh supplémentaires sont à comparer à une hausse totale d'environ 800 TWh. La climatisation, les véhicules électriques et l'industrie pèsent plus lourd en absolu.
Un cadrage honnête donne les deux chiffres. Pris seul, le premier alarme et le second rassure.
Un détail montre à quel point la donnée est fragile : la même publication de l'AIE annonce cette croissance de trois façons, « 17 % » dans son communiqué, « plus de 15 % » dans son chapitre 1, et 16,6 % si on divise ses propres tables. Citez celle que vous voulez, dites laquelle.
Ce que la moyenne mondiale ne montre pas
L'AIE pose elle-même le vrai sujet : les data centers pesaient 1,5 % de l'électricité mondiale en 2025, mais 20 à 30 % de la demande dans les États, agglomérations et régions où les grappes existent.
L'Irlande fournit la série la plus propre, publiée par son institut national de statistique.
| Année | GWh | Part de la consommation métrée |
|---|---|---|
| 2015 | 1 240 | 5 % |
| 2019 | 2 490 | 9 % |
| 2021 | 4 012 | 14 % |
| 2023 | 6 339 | 21 % |
| 2024 | 6 973 | 22 % |
| 2025 | 7 663 | 23 % |
Croissance 2025 : +10 %, contre +2 % pour tous les autres usagers, résidentiel compris. Et le chiffre qui frappe : le résidentiel irlandais entier pèse 28 %, les data centers 23 %.
Aux Pays-Bas, la part est de 4,6 % en 2024. L'écart avec l'Irlande n'est pas seulement physique : le CBS néerlandais exclut les salles serveurs d'universités, d'hôpitaux et d'entreprises, là où le CSO irlandais n'exclut rien de déclaré. Comparer 4,6 % et 23 % sans le dire est une erreur.
Contracté n'est pas consommé
Un piège rentable à connaître : il désamorce la moitié des projections alarmistes sans nier le problème.
| Territoire | En file d'attente ou contracté | Réalité mesurée |
|---|---|---|
| Dominion, Virginie | 47 GW contractés en juillet 2025 | 4 GW de pointe réelle en 2025 |
| ERCOT, Texas | plus de 230 GW en janvier 2026 | record de pointe de l'État : 85 GW |
| Danemark | environ 60 GW en file | pointe nationale environ 7 GW |
| Irlande | environ 2 400 MVA contractés | 959 MVA de demande réelle en 2024 |
Dominion l'écrit noir sur blanc dans sa lettre au gestionnaire de réseau PJM du 6 janvier 2026 : « The Company is forecasting 16.6 GW of demand by 2046, not the 47 GW of capacity. This difference highlights the difference between capacity and demand. » Et l'opérateur qualifie 30,1 GW de ses 47 GW contractés de « not firm load ».
Même écart côté projets annoncés. Stargate affiche 500 milliards de dollars et plus de 5,5 GW, pour 0,3 GW réellement opérationnels, soit 3 % de ce qui est annoncé à horizon 2029. Meta Hyperion annonce 5 GW et n'a rien en service.
Un projet annoncé est une intention de communication. Une capacité contractée est une réservation de raccordement, souvent non ferme, et gratuite ou presque à déposer. Une capacité construite est de l'acier et du silicium en service.
Les trois circulent sous le même mot « gigawatt ». Le rapport observé entre annoncé et construit va de 3 % à 0 % sur les deux plus gros projets mondiaux. Demandez systématiquement laquelle des trois on vous cite.
Les émissions, et ce que le chiffre ne couvre pas
L'AIE chiffre les émissions des data centers à environ 180 Mt CO2 en 2024, soit 0,47 % des 38,4 Gt d'émissions énergétiques mondiales. Trajectoire révisée : environ 350 Mt en 2035, environ 2 % des émissions du secteur électrique.
Ce chiffre couvre une composante, pas une empreinte : les émissions indirectes de la production électrique, l'équivalent d'un scope 2. Vérification faite sur le texte intégral du rapport 2026 : il ne contient aucune occurrence de « embodied », « life cycle », « scope 2 » ni « scope 3 ». Fabrication du matériel, construction des bâtiments, réseaux et terminaux sont hors périmètre.
Pour situer, l'aviation commerciale a émis 942 Mt CO2 en 2024. Les data centers en représentent environ 19 %. Là encore, les périmètres ne se recouvrent pas : l'aviation est mesurée en combustion directe, les data centers en électricité indirecte sans fabrication. Le ratio donne un ordre de grandeur, rien de plus.
Ce qu'il faut retenir
Les data centers pèsent environ 1,5 % de l'électricité mondiale et 9 % de sa croissance annuelle. Personne ne publie proprement la part de l'IA. Derrière la moyenne, des territoires sont à 23 %. Et entre ce qui est annoncé et ce qui tourne, il y a un ordre de grandeur.
Le chapitre suivant descend au niveau de la requête : ce que couvre vraiment un chiffre d'empreinte par requête, et ce qu'il laisse dehors.
FAQ
Combien consomment les data centers dans le monde ?
485 TWh en 2025, soit un peu plus de 1,5 % de l'électricité mondiale, selon l'Agence internationale de l'énergie dans son rapport Key Questions on Energy and AI du 16 avril 2026. La projection pour 2030 est de 945 TWh, environ 3 % de la demande mondiale. Ce périmètre exclut le minage de cryptomonnaies.
Quelle part de cette consommation vient de l'intelligence artificielle ?
L'AIE ne publie pas de valeur textuelle pour 2025. Son rapport 2025 ne séparait pas l'IA du reste des data centers, et celui de 2026 introduit une catégorie « AI-focused data centres » avec une projection d'environ 465 TWh en 2030, mais sans chiffre 2025 écrit dans le texte. Une lecture de graphique par Our World in Data l'estime à environ 155 TWh, soit environ 0,5 % de l'électricité mondiale.
Pourquoi lit-on 485 TWh dans une source et 790 TWh dans une autre ?
Parce que l'AIE exclut le minage de cryptomonnaies, estimé entre 150 et 200 TWh, alors que l'Energy Institute l'inclut. L'écart de 305 TWh s'explique aux deux tiers par ce seul choix de périmètre. Les deux chiffres sont corrects dans leur cadre respectif.
Quelle est la part des data centers dans la consommation d'un pays ?
Elle varie d'un ordre de grandeur. En Irlande, les data centers représentent 23 % de la consommation électrique métrée en 2025, plus que le résidentiel urbain. Aux Pays-Bas, la part est de 4,6 % en 2024, sur un périmètre plus étroit qui exclut les salles serveurs d'entreprises et d'hôpitaux. L'AIE relève 20 à 30 % dans les régions où les grappes de data centers se concentrent.
Les gigawatts annoncés par les grands projets sont-ils déjà consommés ?
Non, et l'écart est massif. Stargate annonce plus de 5,5 GW pour 0,3 GW opérationnels, soit 3 %. Dominion Energy déclare 47 GW de capacité contractée en Virginie pour 4 GW de pointe réelle en 2025, et qualifie lui-même 30,1 GW de cette capacité de charge non ferme. Annoncé, contracté et construit sont trois grandeurs différentes.