Depuis la directive (UE) 2026/470 de février 2026, seules les entreprises de plus de 1000 salariés et 450 M EUR de chiffre d'affaires restent soumises à la CSRD. Une ESN de 300 ou 800 personnes n'y est pas soumise. La pression arrive autrement : par les questionnaires des donneurs d'ordre, dont les demandes aux fournisseurs sont désormais plafonnées au standard volontaire VSME, et par les questions d'investisseurs en due diligence. Sur l'IA, les deux attendent la même chose : une donnée d'activité, des facteurs sourcés, un périmètre daté. Ce guide donne le niveau de détail crédible, et une citation prête à coller.
Qui doit publier quoi en 2026
Le paysage s'est simplifié en février 2026. La CSRD ne concerne plus que les entreprises dépassant à la fois 1000 salariés et 450 M EUR de chiffre d'affaires (directive (UE) 2026/470). Pour le reste du tissu économique, aucun rapport de durabilité obligatoire : le reporting devient un exercice de relation commerciale. Les grands comptes soumis à la CSRD doivent documenter leur chaîne de valeur, et leurs demandes aux fournisseurs sont plafonnées au VSME, le standard volontaire pensé pour les PME et ETI. Traduction : les questionnaires que reçoit une ESN suivent ce format, et rien n'oblige à aller au-delà.
Ce que demandent les grands comptes
Le format VSME couvre des métriques environnementales de base : énergie, émissions, postes significatifs d'achats. L'IA y apparaît comme un achat de services numériques, le même poste que dans un BEGES (où déclarer l'usage IA dans un BEGES). La question type d'un questionnaire fournisseur : « quelle est l'empreinte de vos services numériques, méthode à l'appui ? ». Une réponse en trois lignes chiffrées vaut mieux qu'une page d'engagements. Les acheteurs recoupent : un chiffre sans méthode déclenche une relance, un chiffre avec méthode clôt le sujet.
Les questions des investisseurs
En due diligence, l'IA est passée du sujet de coût au sujet de dépendance : modèles utilisés, volumes consommés, montant de la facture, empreinte associée. Un chiffre construit sur la facture ne tient pas l'examen : la surestimation des approches par la dépense atteint 10 à 40 fois sur l'inférence (arXiv 2606.10660, juin 2026). Le mix de modèles est scruté aussi, depuis que les modèles de raisonnement affichent une consommation moyenne 30 fois supérieure aux modèles standard (AI Energy Score v2, Hugging Face, décembre 2025) : basculer la R&D sur du raisonnement change le profil de coût et d'empreinte en même temps. Un relevé de tokens par modèle répond aux deux questions d'un coup ; voir les trois méthodes de mesure.
Le niveau de détail crédible
Quatre marqueurs séparent un paragraphe RSE qui tient d'un paragraphe décoratif : une période explicite, une donnée d'activité nommée (tokens, requêtes ou euros, en le disant), des facteurs cités avec leur date, et les limites énoncées. Énoncer les limites n'affaiblit pas le propos : le rapport Arcep/PEReN de mai 2026 constate publiquement le manque de transparence des fournisseurs, et un rapport qui le mentionne montre qu'il sait où s'arrête sa mesure. Côté plan d'action, l'AFNOR SPEC 2314 (juin 2024, mise à jour 2025), référentiel de l'IA frugale porté par le ministère de la Transition écologique, liste 31 bonnes pratiques où puiser. Pour la construction du chiffre lui-même, le guide bilan carbone de l'IA en entreprise détaille données et facteurs, et la méthodologie TokenClimate montre à quoi ressemble une méthode publiée.
Citation type, prête à coller
Sur l'exercice [année], l'usage de modèles de langage par nos équipes a représenté [N] millions de tokens, mesurés par export des consoles de nos fournisseurs. L'empreinte estimée s'élève à [X] kgCO₂e, [Y] kWh et [Z] litres d'eau, calculée par comptage de tokens par modèle, facteurs et méthodologie cités en annexe. L'énergie d'entraînement des modèles relève de la documentation de leurs fournisseurs (règlement (UE) 2024/1689, article 53). Périmètre : [fournisseurs et équipes couverts]. Limites : facteurs d'inférence estimés, transparence partielle des fournisseurs (Arcep/PEReN, mai 2026).
Chaque crochet se remplit depuis un relevé de tokens. Le calculateur produit les trois valeurs à partir d'un volume par modèle, et la fiche Claude Haiku montre un exemple de facteurs par million de tokens.
FAQ
Une ESN de 400 salariés doit-elle appliquer la CSRD ?
Non. Depuis la directive (UE) 2026/470 (février 2026), la CSRD ne s'applique qu'au-delà de 1000 salariés et 450 M EUR de chiffre d'affaires. L'ESN répond en revanche aux questionnaires de ses clients soumis, au format VSME au maximum.
Peut-on reprendre les chiffres publics des fournisseurs ?
Oui, datés et attribués : l'ACV Mistral (juillet 2025) et la mesure Google par prompt (août 2025) servent de bornes de cadrage. Ils ne remplacent pas la mesure de vos propres volumes, qui seule reflète votre mix de modèles.
Faut-il faire auditer ce paragraphe ?
Le VSME est un standard volontaire, sans audit imposé. Ce que vérifient les acheteurs : la cohérence entre donnée d'activité, facteurs et résultat. Conserver les exports de tokens suffit à répondre à une relance.
Sources
- Directive (UE) 2026/470 (février 2026) : https://eur-lex.europa.eu/eli/dir/2026/470/oj
- Surestimation des approches spend-based (juin 2026) : https://arxiv.org/abs/2606.10660
- AI Energy Score v2, Hugging Face (décembre 2025) : https://huggingface.co/AIEnergyScore
- Rapport Arcep/PEReN (mai 2026) : https://www.arcep.fr
- AFNOR SPEC 2314, IA frugale (juin 2024, mise à jour 2025) : https://www.afnor.org
- ACV Mistral AI (juillet 2025) : https://mistral.ai/news/our-contribution-to-a-global-environmental-standard-for-ai
- Google, mesure par prompt Gemini (août 2025) : https://arxiv.org/abs/2508.15734
- Règlement (UE) 2024/1689 (AI Act) : https://eur-lex.europa.eu/eli/reg/2024/1689/oj